Un exploit…

… absolument épique vient d’être commis par moi.

J’ai réalisé un vieux rêve, déjà commencé quand je me suis offert un vélo il y a un peu plus d’un an de ça : aller au travail avec. Je suis vivante, je n’ai pas été trop essoufflée, j’ai grimpé la côte (il faut connaître Tours et la Tranchée pour savoir que c’est un exploit : c’est une allée majestueuse, large percée perpendiculaire à la Loire, et qui s’en extrait par une pente droite bordée d’arbres, menant directement au plateau topographique de Tours Nord), j’ai mis 40 minutes à l’aller et à ma grande surprise, 36 au retour, malgré la descente, mais je me suis moins pressée.

Tel est le fait. La lecture du monde qui en découle, c’est le rapport aux trottoirs, à leur texture, aux rails du tramway, à la poussière même. D’un lieu en faire un autre, en changeant de support.

Effort

La dure réalité est qu’aujourd’hui, la réalité est dure, que je l’affronte et m’y confronte comme à un mur, et que c’est nécessaire. J’entre avec plaisir dans l’écriture de mon texte, mais c’est dur. Rédiger un texte pour l’Atelier d’écriture permanent me semble dur aussi. Même écrire ici, avec comme idée qu’un peu de discipline permet d’apprendre, ne serait-ce qu’étymologiquement, en étant soi-même à la fois le maître et l’élève, en s’obligeant à pratiquer. Alors, je tape plus vite, et vais m’en aller pédaler. Mais tout cela, bien que sans déplaisir, se fait dans une forme d’effort, de concentration. Cela ne divague pas beaucoup. Cela va quelque part. Je donnerais cher pour savoir où.

Qu’appelle-t-on prendre,

me disais-je ce matin, puisqu’il me reste sept minutes avant de prendre mon vélo, de prendre le chemin, de prendre le vent en pleine face. Je me disais : souvent je prends le train, je prends le vent des jours, je prends le rail, je prends mes pieds aussi (« attends, je prends mes pieds et dans cinq minutes je suis là »). Je prends cela toujours, comme on prend un outil dans sa main, mais c’est prendre pour ne fabriquer rien qu’un trajet, du vent dans les cheveux.

Paris-Bordeaux, où sont les mots; Bordeaux-Paris, train mon ami. Vélo de Loire, pas trop d’histoires. Loire à vélo, peut-être beau.