Carpe diem

Un tableau, tout en écoutant Monteverdi, Le Ballet des Ingrates. C’est une invitation à savourer l’instant, la jeunesse, le printemps; à ne pas refuser aux beaux jours les plaisirs innocents des voyages, de l’amour – car ils seront punis d’un éternel malheur, ceux qui diffèrent sans cesse les bonheurs du présent.

Ceci est un tableau de Franz Marc. Il mourut jeune, à la guerre. Il aimait les couleurs, les femmes, les animaux. Il aimait les traits décidés, les teintes vives.

J’ai foi dans ce moment étrange, qui chaque année se renouvelle, dans ce moment magique qui s’appelle le printemps.

Sève

En ce moment je lis « Livret de famille », de Modiano. Je gardais des lectures de Modiano l’image d’une Lancia blanche dans la nuit, des phares, un imperméable s’avançant sous les marronniers d’une avenue déserte, la nostalgie, l’inquiétude légitime des disparitions arbitraires. Curieusement, je ne perçois pas ce texte là comme nostalgique; il s’en dégage plutôt une force lente, celle d’une sève silencieuse qui se répand et nous fait pousser un peu plus haut.Ce doit être la veine Modiano. Les filiations se cultivent.