Contrastes

Je n’en peux plus de cet ordi – je n’en peux plus de cet ordi – je n’en peux plus de l’ordre – je n’en peux plus du désordre – je n’en pleux plus de l’ordi – di – dis-moi si – qui dit – l’ordi dit quoi? – L’ordi dit l’ordre et le désordre du dit – je n’en peux plus des cours en vi- vi- virtuel sans vie – on peut imaginer beaucoup de choses mais là après deux mois je n’ai plus d’i – d’i -d’imagination –

Je n’en peux plus de cet ordi! Qui dit ordi dit plus d’espace pour l’imagination et le lieu des impossibles et je ne sais plus, je suis perdue.

Bien sûr certains jours ce fut la joie d’écrire, les messages échangés, et la gloire presque pure d’ensemble se revoir, fût-ce fût-ce fût-ce dans ces fûts étroits d’écrans interposés.

Mais là je n’en peux plus! Je n’en peux plus de cet ordi.

Coudre, découdre, recoudre

Voilà, j’ai fait ma part et cousu quelques masques, j’ai fait de l’assemblage, trente masques assemblés. La semaine passée, j’avais découpé 62 carrés. Encore avant, j’avais distribué des tracts. Samedi, je distribuerai des masques – avec un masque, bien sûr. J’admire ceux qui organisent et formalisent tout cela, je ne fais qu’une petite part, et au moins ma machine à coudre sert à quelque chose.

Coudre des liens, quand le virus découd tout. Recoudre les gens ensemble. Vraiment, ce n’est pas facile, cette histoire. Ce n’est pas de tout repos, quand on y songe.

Fatigue oculaire

Parfois, autrefois, l’écran de mon ordinateur était un espace de détente, presque un cocon.

Je dois dire que cela a bien changé.

C’est le jardin qui fait ma joie. L’écran m’envoie des messages incessants. J’y travaille des heures et des heures. Comment trouver la force ensuite d’écrire?

Et pourtant, il le faut. C’est ainsi. Mais je vais filer coudre. Il le faut aussi. Puisque nos vies en dépendent, dit-on.