Alice Munro au bain (vs Kindle)

Ajout rapide : malgré tous les avantages des liseuses, le plaisir un peu décadent du papier d’une nouvelle douce-amère, Fugitives, au-dessus de la mousse d’un bain, c’est un moment peut-être désuet, mais qui mérite d’être savouré.

(Et j’arrête de dire que je n’ai jamais le temps de lire.)

« Après le livre », de F. Bon

Je sors de plusieurs heures plongée dans mon Kindle. Appropriation progressive de l’objet; je m’aperçois qu’il m’aura fallu une année entière pour commencer à en faire pleinement usage. Je suis lente. J’ai la lenteur des conversions, profondes, tout au fond. On ne remue pas une montagne avec de la poussière soulevée par une caravane.

Je charge des textes et des textes, me constituant une bibliothèque de choix : pour faire cours, j’ai mis Maupassant, et ai lu une nouvelle à ma classe depuis mon Kindle, ce jeudi, tout simplement. Puis des textes aimés, comme dans une vraie bibliothèque portative, Ovide, Sénèque et Lautréamont. Et surtout l’immensité des textes que j’aimerais lire, immensité qui m’apparaît noyade tout à coup.

Lire, et puis le carnet ici.

Ramasser des citations : « Ne pouvant lire autant de livres que vous en pouvez acquérir, n’en acquérez qu’autant que vous en pourrez lire ». Remercier Diderot pour cette idée, qui m’était déjà venue toute seule. Ramasser des livres qu’autant que cela offre un choix. C’est dans son Essai sur la vie de Sénèque. J’aime ces vieux sages, pragmatiques et audacieux, en ce qu’ils parlent au coeur.