Ballade pour Wapiti

Quand elle vit un lion

Elle sauta de travers,

Le lion fit un bond

Dans son imaginaire.

Lion était-il blond

Ou était-il de pierre?

Son imagination

Le vit tel une panthère

S’apprêtant à bondir

Sur son flanc de jument.

C’était, à vrai dire,

Un lion d’ornement.

Souvent jument surprend

Et fait pas de travers;

Jamais rêve ne ment,

C’est là tout le mystère.

Quand elle vit un lion,

Le monde s’anima,

Et l’imagination

Reprit enfin ses droits.

( )

Seulement la plume d’un oiseau,

seulement le vent qui se lève,

le chien qui court comme le vent,

l’aile de l’oiseau qui se soulève;

seulement l’air et l’eau, seulement loin des villes,

seulement les hameaux et les châtaignes closes

s’ouvrant au feu du bois de l’automne dernier;

seulement la plume d’un oiseau,

seulement l’été qui s’achève,

le chien qui court comme le vent,

seulement.

Prière du dimanche laborieux

C’est un long tunnel que ce dimanche gris

Table de travail murs tout me semble dur

Tunnel aux parois froides creusé dans la montagne

Tunnel étroit et noir rime avec cauchemar

Que j’ouvre des fenêtres

Que je creuse les murs

Et le flanc montagneux s’ouvrira sur le vert des prairies

Les chamois accueillants bondiront un instant

Que j’aie la force de creuser

Jusqu’à l’air si léger

Ou que je parvienne à aimer l’humidité glacée du tunnel