Etapes

Les cheveux courts, s’invitent à moi, c’est vrai, quelques minutes supplémentaires. Au fond du bus, d’un coup, se dégage le temps d’un trajet, pour écrire ici. Cocasse urgence confinant à l’absurde, j’ai versé mon café dans la petite thermos, et bu le chaud breuvage qui signale la vie, signe épicurien des temps modernes, confer Ailes du désirfilm vieux dont je me demande s’il a bien vieilli, revu Brazil il n’y a pas longtemps, dans les classiques des années 90, et le propos tient – j’avalais donc ce café en observant comment, tandis que, symptômes de ma bourgeoisie consciente, bus écolo, café, manteau, contrastaient avec la fragilité sociale et, sans doute, psychologique, de la mère qui faisait tourner son moteur pour réchauffer son fils gras avant que le bus n’arrive, tandis que les autres passagers respiraient l’air froid quelques minutes et semblaient ne s’en porter que mieux.

L’inquiétude politique vient assurément de ce que le fossé s’élargit. Bon sens, es-tu la chose du monde la mieux partagée ? J’en doute.

Je me suis attelée à la Rhétorique d’Aristote. Curieuse idée, tant c’est ardu, si l’on veut suivre le chemin mental de l’intérieur. Avec son souci constant de fondateur, traçant la frontière entre la logique, qui relève de la raison, et la rhétorique, qui a pour champ d’action les émotions, voici notre penseur qui s’engage courageusement dans le tri, prend le démêloir, et voudrait défaire les noeuds de la pelote émotionnelle. J’admire.