Juin actif, dynamique!

On dirait une publicité pour un calendrier. Reste que je suis assez contente des cadeaux de fin d’année en tous genres (les cadeaux offerts et les cadeaux reçus). Fière de mes progrès en équitation (je sens que je progresse). Fière d’avoir rangé mes cours de l’année tout à l’heure! Fière de tâcher de maintenir à distance le soupçon de culpabilité et de nervosité qui va avec le bonheur (cette inquiétude sourde qui a envie de dire : ce n’est pas possible, il va nécessairement te tomber une tuile sur le coin de la figure…). Alors, oui, il y a cette inquiétude, mais aussi pas mal de joies (jusque là). Entre autres, j’ai fini par envoyer, mercredi, veille de la date-limite, un recueil de textes poétiques pour le prix Bernard Vargaftig. J’ai participé! J’ai pris un peu moins de deux semaines pour imprimer des textes, j’ai tout étalé partout, j’ai découpé, j’ai agrafé ce qui allait ensemble, viré ce qui n’allait pas, j’ai composé, décomposé, recomposé, j’ai réécrit certains passages, j’ai mis des étoiles, désigné des thèmes, repéré des échos, j’ai viré ce qui me semblait hors-sujet, j’ai classé, re-classé, ouvert et fermé, et puis ça a fini par donner quarante pages qui m’ont semblé cohérentes. En me relisant, je me disais qu’on aurait dit une poétesse de soixante-dix ans, voire de quatre-vingt dix ans, tant on parle d’hiver et de temps qui passe… Mais qu’importe. Il y a une ligne mélodique, m’a-t-il semblé. Et si jamais d’autres que moi pouvaient y lire une forme d’aboutissement et de maturité, j’en serais ravie, voilà tout! (sans culpabilité, sans culpabilité… surtout!)

Former les autres

Former, c’est la même étymologie que fromage; bref, on met dans un moule, et il faut que ça prenne, que ça moisisse et mûrisse bien, au sein du cadre.

Cela demande de la pratique, la bonne humidité, la bonne température. Il y a des gens dont le métier est d’élever des fromages. Mon métier aussi, c’est de l’artisanat.

La camaraderie

Image illustrative de l'article Le Chevalier, la Mort et le Diable

C’est un cavalier ancien, envers qui je ressens une profonde camaraderie. (Et ce sans doute à cause de, ou malgré, ou avec tout ce que Nietzsche en raconte). La seule chose que je trouve étrange, c’est ce chemin qu’il emprunte, vers la gauche. N’aurait-il pas dû, comme l’espoir, comme nous qui écrivons de gauche à droite, avancer de l’autre côté? Est-ce Dürer qui a oublié que lorsqu’on grave du bois, il faut penser la gauche et le droite en miroir? Non, Dürer est trop habile. Était-ce un moment de sa vie où Dürer apprenait à écrire l’hébreu?

Je me défends contre les ombres, les démons, les doutes; je passe, imperturbable, à l’image des heures qui me défient; et j’avance ce texte qui me tient à coeur. J’en suis à la moitié. Une bonne moitié du mouvement d’ensemble que j’ai en tête. Peut-être arriverai-je – je me prends à rêver – à l’achever en une seule année, puisque j’ai commencé au printemps dernier. Précisons que c’est un texte bref. Mais j’écris plus vite, maintenant. Je combats mon démon d’hésitation et de lenteur. J’en suis à 52% de mon plan, pour être exacte.

C’est que pour passer, il faut une solide armure; savoir manier l’épée, quand ne suffit plus l’indifférence; et une foi sans faille chevillée au corps.

Source de l’image : « Duerer – Ritter, Tod und Teufel (Der Reuther) » par Albrecht Dürer — Inconnu. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Duerer_-_Ritter,_Tod_und_Teufel_(Der_Reuther).jpg#mediaviewer/File:Duerer_-_Ritter,_Tod_und_Teufel_(Der_Reuther).jpg