Triste et beau

Mon coeur est triste et beau

C’est un doux reposoir

Je trouve le repos

Auprès de mes troupeaux

Mon coeur est triste et beau

C’est un vieux repoussoir

Je trouve le repos

Auprès de mes troupeaux

Triste et beau, c’est mon coeur

Canapé des langueurs

Là où tu viens t’asseoir

Troupeau de mes histoires

Triste et beau, c’est mon coeur

C’est mon cuir défraîchi

Là où tu t’alanguis

Mon coeur, ce chiffon noir

Mon coeur est triste et beau

Noblesse du douloir

Marbre du blanc tombeau

Auprès de mes troupeaux

Mon coeur est triste et beau

Mais il y pousse au soir

De quoi nourrir un veau

Auprès de mes troupeaux

Triste et beau, c’est mon coeur

Ce chiffon de douceur

Là où naquit au soir

Une nouvelle histoire

Triste et beau, c’est mon coeur

C’est le pré endormi

C’est la fleur qui naquit

Gras, le veau des histoires

Mon coeur est triste et beau

Il se prend pour un veau

Il trouve son repos

Auprès de ses troupeaux

La fin est bucolique

Comme sont les tombeaux

L’herbe nous fait la nique

Auprès de nos troupeaux

 

 

Promenades

Cette semaine, je me déplace en transports en commun. Je veux la poésie du bus que ses phares égarent dans la nuit, essayer l’agression sonore des annonces de station dans le tram, je veux laisser libre cours à mes rêveries et casser la routine des trajets, je pense et me laisse porter, me fais touriste sur mes sentiers battus. J’expérimente les routes parallèles. Je pratique le pointillé.

Cette semaine, j’observe le ciel gris et le laisse fondre dans ma bouche comme un bonbon.