Malgré les consignes

incitant à faire du yoga, de la gym, des squats,

malgré les consignes qui recommandent, à défaut de pouvoir explorer le monde, de se livrer à l’introspection,

malgré les conseils et recommandations,

ne changeant rien à ma nature de lectrice,

je lis.

Aujourd’hui c’est Stevenson. Et on verra ce que ce sera demain!

C’est ainsi!

Soulagement

La nouvelle de la suppression des épreuves terminales du bac a sonné étrangement.

J’étais en pleine tension, en plein élan pour tenter l’impossible (il n’est pas évident de faire réviser à ses élèves des textes en grec ancien… J’ai bien galéré à récupérer des fichiers audio, etc, etc.). Un peu comme si je sautais, en extension, devant un mur de deux ou trois mètres (et sans trampoline).

Bien sûr, j’aurais aimé que mes élèves rencontrent d’autres examinateurs que moi : c’est formateur! Mais l’on se passera de ce petit plus.

La chute est là : il faut redescendre, respirer calmement à nouveau.

Mais il n’y a plus de mur.

Ouf.

Quelques instants de chute, de vertige, et puis une évidence : c’était la bonne décision, celle qu’il fallait prendre.

Soulagement.

Je n’arrive pas à me concentrer!

Voilà, c’est dit.

Vomi d’ordinateur, d’écran, de clavier, bouillie globale de cours trop mâchés et dégoût. Ce confinement me sort par le bout de doigts endoloris, les yeux explosés et le mal de crâne persistant. Mais comment font les gens qui travaillent huit heures par jour, dix heures par jour devant un ordi? Je comprends mieux pourquoi quand la nuit tombe le regard cave de ces zombies m’effraie dans les rues tristes allongées de bureaux en piles verticales.

Et toutes ces lettres qui ne veulent plus rien dire!

Et tous ces mails qui tricotent la pelote malvenue des malentendus et des délires.

Faire semblant que tout est comme avant alors que rien n’est comme avant. Fiction numérique.