Doutes

Comme tout le monde, je suis victime d’une difficulté à me projeter dans l’avenir.

Toutefois, j’ai des rêves compatibles avec la présence de ce virus : c’est d’une grande aide.

Mais j’ai des doutes nombreux. Même si le pire n’est jamais sûr.

Ceci n’a rien d’un texte. Ce matin, je ne peux pas faire d’effort d’écriture – je dis effort, mais ce n’est pas le mot. C’est un geste, une posture, un truc qui « fait artiste », une façon de prendre les mots comme on relève une mèche de cheveux sur le front. Sous un béret, tiens. Style Rembrandt.

Mais non, là, j’ai trop de doutes. Acheter un cheval? Quand? Quand en aurai-je les moyens, sans que ce soit une folie tant pour moi que pour l’animal?

Est-ce que…? Qu’arbitrer?

Je ne sais.

Pour l’instant, je n’en ai pas les moyens. Cela viendra. Je fais confiance à la vie – et surtout à mon talent pour trouver des solutions. Je randonnerai à cheval dans la campagne. C’est écrit.

Coudre, découdre, recoudre

Voilà, j’ai fait ma part et cousu quelques masques, j’ai fait de l’assemblage, trente masques assemblés. La semaine passée, j’avais découpé 62 carrés. Encore avant, j’avais distribué des tracts. Samedi, je distribuerai des masques – avec un masque, bien sûr. J’admire ceux qui organisent et formalisent tout cela, je ne fais qu’une petite part, et au moins ma machine à coudre sert à quelque chose.

Coudre des liens, quand le virus découd tout. Recoudre les gens ensemble. Vraiment, ce n’est pas facile, cette histoire. Ce n’est pas de tout repos, quand on y songe.

Fatigue oculaire

Parfois, autrefois, l’écran de mon ordinateur était un espace de détente, presque un cocon.

Je dois dire que cela a bien changé.

C’est le jardin qui fait ma joie. L’écran m’envoie des messages incessants. J’y travaille des heures et des heures. Comment trouver la force ensuite d’écrire?

Et pourtant, il le faut. C’est ainsi. Mais je vais filer coudre. Il le faut aussi. Puisque nos vies en dépendent, dit-on.