L’épuisement

MorescoLa dernière fois que j’ai pris le train, j’ai lu ce livre-là, sur les conseils du Libraire. Antonio Moresco, La petite lumière.

Bon conseil. Bon choix. Livre intriguant et qui ouvre des images et des idées, au lecteur de frapper à la porte, d’écouter, de respirer en accord avec le flux des mots, de cheminer. Et ce constat d’à quel point nous sommes épuisés, à quel point c’est fatiguant, les travaux, les jours. On continue. On recommence. On n’achève pas tout à fait.

Je suis épuisée. C’est avec ce prisme tout personnel que je perçois tout autour de moi. Même un bon livre qui parle plutôt d’autre chose. Ou de cela. D’à quel point on peut trouver cela lassant, d’avoir à se défendre de tout : les gens, les jours, les lessives, les lettres à tracer et les recommencements.

Je suis épuisée, avec un arrière-goût d’enfance et un avant-goût de comment ce sera, la vieillesse. Celle où les orteils ont du mal à nous porter. Ces temps charmants où l’on s’endort n’importe où, dans n’importe quelle position. Je n’ai plus l’âge de cette grâce, et pourtant je m’endors, sur tapis, sur livre, sur canapé. N’importe où.

Mais il faut lire Antonio Moresco. Comme ça, on ne se laisse pas mourir tout à fait.