Petit défi

Ma fierté d’aujourd’hui est d’avoir relevé un petit défi : j’ai pris le train de Tours jusqu’à Amboise; j’ai emporté mon vélo; j’ai fait les 33 kilomètres de l’itinéraire « La Loire à vélo » sur sa portion qui va de la gare d’Amboise à la ville de Tours.

Je songeais à Montaigne : je roulais pour rouler, et ne faisais que rouler en roulant. J’ai regardé les eaux limoneuses, j’ai traversé les vignes, séduite par la diversité des paysages. Le ciel était bleu. J’ai bu un Perrier-rondelle (un vrai truc de parisienne, a dit le cafetier). J’ai fait de la balançoire au milieu des vignes, pour me reposer.

Et ce petit temps d’égoïsme pur, suspendu dans l’air du temps, était bien là pour moi la route la plus simple vers un moment de bonheur. Le monde allait très mal, mais moi, la conscience dans les cuisses, le bec sec semblable à celui du héron, mais bien sûre de trouver de retour chez moi à boire et à manger, j’ai profité de ma chance. Et ne me suis même pas dit que mon après-midi de vélo contribuait  l’équilibre en bonheur et malheur du monde. Non : j’ai vécu, tout simplement. Petit défi de la journée.