Du goût pour le soleil

DeauvilleSur la longue plage normande, à la fin du coucher de soleil somptueux, il arrive que les spectateurs applaudissent, l’été. Tant nous sommes les adorateurs du soleil.

Deauville, Trouville : mon goût pour ce bref espace de la côte normande, qui exaspère pourtant nombre de gens parce que c’est une station de villégiature, et de ce fait elle a ses traditions, ses glaces Martine Lambert, ses paillettes, Les Voiles et les Vapeurs, ses casinos, ses courses de chevaux, son marché, ses poissons, les boutiques Hermès et autres pignons sur rue, le Printemps de Deauville et le Monoprix de Trouville. Et des gens en mélange.

Mais ce qui importe, c’est le soleil. La longue plage, et ce soleil dont Marguerite Duras disait qu’il était seul digne celui de Calcutta. Le soleil avec ce qu’il faut de nuages pour qu’on se rappelle à chaque fois quel miracle c’est, nous sous ce soleil, face à ce soleil, et cette seule chose qui nous soit sûre : le soleil, demain, se lèvera.

Ceux qui savent le mieux tout cela, sont les oiseaux. Ils occupent le ciel. Ils sont le bruit de Deauville : sonnent l’accueil, fond sonore, manquent ensuite au souvenir né des photos. Les goélands tournoient, s’appellent; crient plus fort encore que les mouettes, volent plus vite que les sternes et les hirondelles. Ils se posent sur la plage, dans la ville. Ils apprécient qu’il y ait des humains pour oublier de la nourriture sur la plage ou les bancs; volent parfois un maquereau ou une sole à même les bacs en polystyrène, au marché aux poissons. Ils n’ont peur de rien. Ils nous invitent chez eux, nous observent.

Et quand nous applaudissons, ils saluent de l’aile. Car le soleil, s’il tourne, c’est grâce à eux.