Les mufles sont de sortie aux premiers rayons de soleil

Nous allons prendre un verre, Grand Blond et moi, chacun son travail sous le bras, histoire de changer de décor, zinc et tables en bois. Lorsqu’après m’être éclipsée discrètement quelques minutes, je reviens dans la salle, tranquillement, je me fais arrêter d’un bonjour, d’un sourire insistant, venu d’un visage inconnu, je hoche vaguement la tête pour être polie, puis un geste qui m’arrête, par le bras, insistant. Je me dégage, retourne m’assoir. Le type sans un regard pour moi, s’approche, et déclare au Grand Blond : – Excuse-moi, les filles qui sont en couple, moi, j’y touche pas, je suis un bon gars, je fais pas d’histoires. Le Grand Blond répond : – Mais, et elle? Puis, devant l’incompréhension, ajoute : – C’est une fille, et les filles, elles sont toutes pareilles? Réponse : – Oh, moi, je suis célibataire, alors j’essaie, voilà… Conclusion : – Ma grande, tu vois, tu es vraiment un objet. Eh oui. Sorry.

Quand on pense que je ne suis plus du tout susceptible de lire « jeune et jolie », comme genre de magazine, je soupire en pensant à ce qu’endurent les jeunes filles. Et là, aux rayons enfin du soleil, quand je circule sereinement à vélo, je me fais alpaguer, complimenter (« Ah, ça c’est joli à regarder »), moquer (« C’est ça, fais-toi la cuisse pour l’été, pédale! »). J’ai toujours eu du mal à supporter cela. Si quelqu’un a un truc… Les mufles se taisent davantage, l’hiver, non?