A la faveur des trains manqués

Je vais lire en prenant plus de notes. Dans les livres et dans le monde. Par exemple, aujourd’hui, je me suis promis de noter ici que sur l’horloge de la cathédrale d’Orléans, il y a écrit : NEC PLURIBUS IMPAR : elle n’est pas différente des autres, cette minute. (Mais je sais aussi que c’est la devise de Louis XIV, qui lisait « impar » un peu plus ironiquement.)  Qu’il y a quatre statues sur le portail, et à gauche, un homme tenant un livre ouvert, dont j’aime le geste, le drapé, le regard majestueux et humble sur le livre. Qu’il y a deux rosaces, une plutôt jaune et l’autre orangée. Que cela change des bleus habituels. Et aussi un tombeau, dans la cathédrale. Une jeune femme est morte, et « elle crut qu’en mourant elle cesserait de vivre pour renaître dans un monde meilleur ». C’est la tristesse du père, de l’époux, des enfants. Est-ce aussi, au coeur même de l’édifice, un doute ?