Une forme de lassitude

C’est bientôt les fêtes, et je pense surtout à tout ce temps que je n’aurai pas – c’est une façon d’être pluvieuse et maussade.

Est-ce qu’avec quelques mots je peux transformer cette boue intérieure en or fin? Non, un marasme est un marasme.

Je suis, émotionnellement, épuisée. Je pense à ce temps que je n’aurai pas avec mes proches, qui ne sera pas suffisant, à ce temps que je n’aurai pas pour le travail, qui ne sera pas suffisant. C’est-à-dire – posons le diagnostic – que je ne parviens plus à vivre au présent, mais dans ce temps conscrit de l’angoisse, circonscrit par l’angoisse, dans un présent tendu comme un élastique sur le point d’exploser entre un futur inatteignable, et l’autre pile du pont, c’est un regard sur l’instant tel qu’il nous manque déjà avant qu’il a passé, un regard tellement nostalgique et triste qu’on a l’impression d’avoir vécu mille ans.

Le symptôme, c’est cette forme de lassitude qui me guette et me prend à chaque tournant, et fait que j’ai même du mal à faire ce que je dois faire pourtant.

J’ai quand même réussi à faire de (chouettes, très chouettes) cadeaux de Noël aux enfants. C’est important.

Et pour le reste, on verra! (Qui sait, avec un peu de sommeil…)