Entre deux eaux

Les eaux de montagne, et les eaux des fleuves vert sombre dans les plaines.

L’eau de la pluie, les gouttes à travers lesquelles on court.

L’eau qui manquait, l’eau qui tombe enfin.

Entre deux eaux, se meuvent les sables.

Entre deux courants, entre deux années, s’écoule un petit torrent agité, de cailloux en rivières, de montagnes encaissées en couloirs hasardés au pied des arbres lourds de feuilles.

La mélancolie des jours, c’est regarder leur clepsydre, qui prend toujours la forme qu’on leur donne. Quelle responsabilité que de se faire lit de ses propres heures, doux pouvoir, grave pouvoir, être lit, sol, sable et caillou. Lit de son propre fleuve. Jusqu’à la mer, jamais vraiment désirée, mais qui arrive, inéluctable de sable fin, après les feuillages verts qui nous cachaient.