Le bruit et la chaleur

La chaleur, inutile de la décrire ni d’y revenir : elle est là, implacable. Et c’est à nous de nous y habituer, car le bouleversement climatique est bien là. Il ne s’agit pas d’y croire ou pas : je vois bien les technologies que peuvent développer les scientifiques, les capsules vers Mars et les téléphones portables, je pense qu’ils sont capables de modéliser un climat et d’identifier qu’il y a un changement violent en cours. Inutile de sombrer dans le déni (à moins de préférer croire que c’est le Soleil qui tourne autour de la Terre). Peu de bruit, peu de déplacements, peu de gens, le jour. Mais le bruit dans ma tête est terrible. J’enrage de voir si peu de gens modifier peu ou prou leur comportement. J’enrage de toute mon impuissance. J’enrage, tout en sachant qu’on ne peut empêcher les gens de rêver – mais pour moi, c’est là qu’est le biais : qu’est-ce qui les rend heureux? qu’est-ce qui les satisfait? c’est quoi, pour eux, pour nous, pour moi, l’espérance? Contentés par un gadget. Satisfaits d’un achat en solde. Cette société sans projet me désespère. Sans conscience, en réalité. « Ruine de l’âme ».