Ce que m’inspirent les poissons

Longtemps Achab avait lutté

Contre Moby Dick

Longtemps nos pas furent comptés

Antiques distiques

Longtemps l’eau ne fut qu’effleurée

Miroir pélagique

 

Mais voilà qu’au miroir de l’eau

Nous nous brisâmes

Méditerranée en fardeau

Poissons sans âme

La mort navigue sur les vaisseaux

Pas de dictame

Les poissons nagent sur le dos

Cadavre, cadavre, cadavre, cadavre

 

L’eau, telle une peau

Que nul ne peut blesser

C’était l’espoir

Tellement vous aimez

le carnage et la mort

Là, le miroir

 

Longtemps Achab avait lutté

Contre Moby Dick

Longtemps les poissons ont gagné

La course mystique

Longtemps les hommes furent mesurés

Fable écologique

 

Mais voilà qu’au miroir de l’eau

Nous reflétâmes

La noirceur de tous les propos

Épithalame

Le poisson mort avec le corps du migrant mort

Nous mariâmes

L’eau devint grise et noire et puis meurtrie

Il n’y a plus de chant dessus les flots noircis

Plus personne pour la bagarre

Cadavre, cadavre