Manifeste (suite)

Dimanche brumeux : un temps parfait pour récapituler ce qui a déjà été écrit, et le reprendre, le compléter (dans une première version rapide).

La première contrainte, ce serait la richesse du vocabulaire. Employer beaucoup de mots différents. Utiliser une palette riche, variée, sensible. Exploiter ce trésor, les ressources immenses de la langue française.

La deuxième règle : privilégier l’émoi. Pas de l’émotion, de l’émoi. Je veux quelque chose qui tremble, comme un éventail dans la lumière.

La troisième règle est celle d’affirmer la vérité des émotions, même quand celle-ci est douloureuse. Ne pas taire la honte, ni la colère, ni la rage, ni la jalousie. Toutes ces émotions que la morale-coton réprouve, bannit, au nom de la santé, de la nécessité de limiter les pulsations cardiaques. J’ai foi dans la vérité des songes, mais plus encore dans celle des corps.

Règle n°4 : ne pas sublimer, mais condenser. Un désir peut devenir réalité, changer de nature, passer de l’état de vapeur à celle d’eau claire où se baigner, de nuage à fontaine – l’ouragan devient source, parfois.

La 5ème règle est d’écrire longuement. Puis de taillader dans la matière. La forme brève contrainte par le temps, ça suffit. On le trouvera, ce temps. On le trouvera.

Règle suivante : accepter la rencontre, dans ce monde où les gens se rencontrent si peu. Faire de la rencontre des personnages le thème, le centre, l’enjeu. Montrer que c’est possible.

Règle septième : de vrais personnages, construits, et osons le mot : réalistes. Et même : vraisemblables. Que le récit dise, exprime, explore ce que sont les humains aujourd’hui. Y intégrer des animaux.