De l’émoi

Et si je réfléchis aux règles, je veux de l’émoi. Du trouble, de l’agitation, quelque chose de la vie qui monte comme lorsqu’on monte les marches de l’opéra, tout s’agite, ça frémit de partout, une légère inquiétude monte, le tragique sera peut-être au rendez-vous, mouchoirs en soie, talons légers, jupons savants.

Pas de l’émotion, de l’émoi. Je veux quelque chose qui tremble, comme un éventail dans la lumière.

Ce sera la deuxième règle : privilégier l’émoi.

D’autant plus, qu’avouons-le, je ne suis pas une grande intellectuelle, trop désordonnée et trop éclectique dans mes lectures. La rigueur de pensée, je l’aime à l’échelle d’une dissertation, quand on peut jouer avec les références. Quand on reste au stade de l’habileté. Presque de l’art de la conversation. Mais je n’ai rien d’une thésarde, d’une chercheuse, d’une universitaire véritable. Je ne suis pas faite de cette étoffe-là. Je suis du côté des mouchoirs de soie (apprendre à se connaître).