Passer comme un fantôme

Ce matin, je suis partie très tôt – ou était-ce l’ombre de moi-même, comme en témoigne cet autoportrait voyageur :

 IMG_20170518_084206

 

Et mes pas composèrent ce poème :

 

Les gens de bon matin connaissent les odeurs;

Ils savent les poubelles, l’eau de Javel, les gants bleus.

C’est l’heure des fiers bouchers aux taches comme des fleurs,

L’heure où le poisson pue – la marge des vitrines

Retrouvera bientôt un semblant de fraîcheur.

 

Les gens de bon matin connaissent les saveurs;

Ils fument au trottoir un temps de liberté.

Leur café a le goût d’une maison retrouvée.

Les gens de bon matin au pas de travailleurs

Regardent en riant passer les vieux fêteurs

Dont les mégots amers auront jonché la nuit.