Train, défaite, victoire, défaite, victoire, juridiction

Dans le train, nous avons passé un voyage très agréable, en bonne compagnie : même si elle n’a pas pu vraiment travailler, la jeune fille qui était avec nous, son compagnon un siège plus loin, tout ce petit monde a passé un bon moment, de ceux que crée une sorte de connivence. J’espère vraiment qu’elle aura son concours, sa juridiction, enfin quelque chose de cet ordre.Tout ça sentait la prépa parisienne; en quelque sorte, chez moi. Cette bonne humeur. Nous avons dessiné les maisons de nos rêves; nous avons joué à la belote, ma fille et moi; j’ai perdu toutes les parties, et j’ai écrit ce poème, pendant qu’elles improvisaient (ma fille, et la jeune fille) sur leur thème : la victoire. Moi, j’ai versé dans un autre temps, et décidément les cartes ne voulaient pas me servir de valet. D’où le texte suivant :

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La défaite

La défaite est le lieu de l’ultime conquête,

la saveur du néant. Ô Pindare, sur les rails

anciens, qui nous menaient à l’Olympe, trompettes!

Ô virils échos vieux! Ô palmes, éventails!

Aujourd’hui l’on oublie l’or mort de la victoire,

Et l’on laisse au passé les cornes en ivoire.

 

Je passerai, soumise au rien, soumise au vent,

dans l’ancien temple vide aux échos du tourment,

sur la trace effacée des antiques géants,

j’apprendrai à mourir jusqu’à la nuit des temps.