Non, c’est pas un cerveau, plutôt de la sauce blanche

(Cf. Boris Vian, La Java des bombes atomiques )

Alors, oui, on n’arrête pas de dire aux enfants de faire attention à ce qu’ils mettent dans leurs corps, de ne pas manger trop gras, trop salé, etc, j’en ai assez des rimes de slogan, on n’arrête pas de leur conseiller le sport et les légumes;

mais ce qu’ils mettent dans leur cerveau, ça, les pouvoirs publics et les parents laissent filer,

et c’est comme ça qu’ils ignorent que trois hamburgers gras et deux verres de soda, c’est assimilable à deux ou quatre soirées de télé-réalité; que refuser les maths c’est aussi nocif que refuser les légumes;

et que pour certains, malgré toute la bonne volonté du monde, c’est impossible;

aussi impossible de les faire penser que d’emmener randonner pendant deux jours un ado obèse gavé de chips et de bière.

Pourtant, c’est beau, la poésie, et le sommet des collines aussi.

Je ne parle pas d’alpinisme de vertiges, non, mais de ces magnifiques vacances où l’on se sent vivre plus près du soleil, de la terre, de l’eau.

C’est un peu triste, ces possibles détruits par la malbouffe du cerveau dès l’orée de leur vie.