Table de travail

Son absence ne signifie pas absence de travail.

L’objet a été transfiguré, rendu léger, symbolisé. Il a passé, le temps de la table en bois. C’est à présent : vapeur des songes.

Il reste les rituels : le stylo bille, toujours noir, qui glisse vite ; la collection de petits carnets rouges ; le petit ordi dont la touche A laisse béer le plastique blanc au bout des autres carrés noirs, sourire de vieil édenté dans un tableau de Brueghel ; les feuilles grand format qui s’arrachent d’un bloc de papier Clairefontaine où le mot TRIOMPHE s’écrit en lettres dorées.

Les talismans favorisent le travail, attirent ses faveurs. C’est un dieu un peu susceptible, depuis qu’il n’a plus de table. Un dieu ancien. Mais un peu de sang dans une coupe l’attire toujours, l’épée pour l’en tenir à distance, le faire rester, le rompre aux sortilèges. Un dieu cruel, qui n’a plus toutes ses dents.

Reprise de l’atelier d’écriture estival de François Bon!