« Pas vraiment très d’accord »

Des explosions en Belgique, cela tend l’atmosphère. Certains élèves, partis tôt le matin, s’effondrent de l’intérieur en l’apprenant de leurs camarades. Puis relèvent la tête.

On parle. On lance un débat (c’est le métier). Ce n’est pas un débat vide : on apporte de la matière, des journaux qu’on est allée chercher au CDI. On sait faire, depuis le temps. Il s’agit de remplacer l’angoisse par l’analyse. On trouve un magazine estampillé France culture, avec un gros titre, « Migrants : fraternité ou barbarie? ».

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On se sert du titre, on exploite la « problématique », comme on dit. On annonce qu’on travaille l’argumentation. On profite d’être en petit groupe. Les élèves sont si contents de pouvoir réfléchir, avec des outils qu’on leur donne au passage (et le passage, ce n’est pas accessoire, pas plus que la transmission). On ne donne aucun avis. On se tient à la distance : humaine, empathique, et analytique.

Quand soudain, après la préparation du débat, arrive le temps de rejouer les argumentations à voix haute, pour s’ouvrir du petit groupe au moins petit groupe, le collectif. Débat qui peut et doit dépasser le simple conflit « oui; non », débat qui peut et doit être analyse. On se lance. Et puis, elle, une élève, qui dit : « Je suis pas vraiment très d’accord ». Et d’autres qui rient. Elle se vexe. Je la comprends. « Pas vraiment très d’accord ».

Ce que c’est dur, tout ce monde-là.

1 réflexion sur « « Pas vraiment très d’accord » »

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