Cri cru

Aujourd’hui, pour bien débuter ici les Vases communicants de 2016, j’ai le plaisir d’accueillir un texte de Joël Carayon. Le texte que j’ai écrit chez lui se trouve ici.Le principe des Vases communicants, depuis des années maintenant, à l’initiative de François Bon, et repris au fil du temps, c’est qu’on s’invite de blog à blog, à écrire les uns chez les autres, pour cheminer de découvertes en découvertes. C’est merveilleux, le partage. Non?

Nous sommes tous les deux partis d’un logogramme de Christian Dotremont, le premier, là, en haut à gauche, celui qui s’intitule « Cri cru ». J’aime depuis toujours ces logogrammes, depuis que je les ai vus. J’étais enfant (oui, c’est une chance). Je trouvais ça chinois, joli, j’aimais l’encre de Chine et c’était en français, je comprenais ces images puisque je pouvais les lire, ça avait du sens, j’habitais le quartier chinois, dans le XIIIème arrondissement de Paris, ce qui laissait la place aux lions de pierre, devant les entrées des restaurants, et à toute une mythologie. Place maintenant au texte de Joël, après un dernier coup d’oeil aux logogrammes! Bonne lecture.

ORAGES

Quelque chose passe que le ciel censure, dont on ne voit que les éclairs et n’entend claquer que la colère.

Quelque chose qui tonne dans nos corps, qu’un revers de main n’éloignera pas.

Une menace qui nous infiltre quand le jour se gonfle d’une moiteur obsédante jusqu à l’éclatement, voix contre voix, toi contre toi.

Les cris enfermés que l’orage libère, la folle chevauchée de nos obsessions débridées, nos rages, nos regrets !

Un combat de soi contre soi.