Il n’y a pas que moi pour faire des cartes.

(Source : Journal du Geek.)

Une carte n’est pas un territoire; elle le représente à l’aide de symboles, et de mots. Plus le territoire à parcourir est difficile à concevoir, plus la carte permet de juxtaposer, mieux encore, de relier plusieurs épaisseurs de données. La carte représente un effort pour relier entre eux les éléments que le langage permet de distinguer. Une carte faite à partir de mots devrait donc permettre ce double mouvement : distinguer, relier.

Ce qui distingue la carte (comme celle-ci, ou celles que je fais) de la carte géographique, c’est la question des limites. Le planisphère bute sur la question d’aplanir une sphère, ce qui oblige à choisir une zone centrale correctement proportionnée, et de sacrifier des zones éloignées, qui seront déformées, mais tout est représenté. Quand on met à plat une zone plus petite, les frontières sont définies d’emblée.La carte géographique englobe. Mais une carte ne saurait jamais représenter tout le territoire, elle n’a pas vocation à l’exhaustivité. La carte procède de choix; elle centre; elle symbolise; elle crée de l’inachevé et renvoie au lointain.

Je ne sais pas si c’est très rigoureux intellectuellement. Je crois que ça fait surtout appel à notre instinct d’explorateur, de planteur de drapeau, de chasseur de trésor. J’arpente ce que je ne puis concevoir tout à fait. Je cherche à comprendre. Je fais des cartes, donc je suis (une route).

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