L’été fantastique, 7 bis

IMG_20150920_150736L’idée de François Bon, c’est ici d’effectuer la compression d’un texte fantastique, puis son transfert. Soit : je vous laisse lire, c’est plus clair. Je pars d’une nouvelle de Maupassant, la première qui me vient à l’esprit, parce qu’elle m’a marquée : elle s’intitule « La Morte ». (Je ne la relis pas, je la prends comme objet en mémoire).

« Compression »

Un homme, jeune encore, vif; sa compagne meurt; il est au désespoir. Souvenirs des derniers jours passés avec elle, et d’elle qui prend froid, si jolie à l’automne. Souvenirs douloureux d’elle malade, une pneumonie, une toux déchirante. Méditation sur la ville peuplée des morts, si réduite, eux qui sont en terre, si mystérieux face à l’opulente provocation des vivants, qui construisent leurs villes en hauteur. L’homme va au cimetière; il y reste à pleurer la nuit; et les morts qui là seulement révèlent aux yeux du soir leurs épitaphes véritables lui apprennent que c’est pour voir un amant qu’elle était, ce jour d’automne-là, sortie.

« Transfert »

Il n’y a pas de question rhétorique sur la vie, l’amour, la mort et que sais-je; j’ai une affirmation à offrir : c’est rien. Tout ça = rien, c’est-à-dire si peu de choses. Le carrefour dérisoire que nous habitons, la fugacité, et cet élan pathétique que nous avons à nous accrocher à quelques doux moments, des temps d’attachement, des espoirs de fil. Je ne donnerai pas même d’exemple concret ; la littérature en abonde, et la vie plus encore. Je persiste cependant à croire qu’il est beau de fermer les yeux, qu’il est beau de porter le deuil, qu’il est beau d’aimer envers, et d’aimer contre. Ignore les dévoilements; habille de mots, de rêves; et passe. Tu iras loin.