La pluie, les escargots, et tout ce qui s’ensuit.

Sortir un peu moins le bout de son nez, tandis que les escargots dévorateurs abîment mon travail de jardinière, censé tenir sur les fragiles équilibres de ma paresse et quelques lectures de livres justifiant le désordre herbacé, le nommant du doux nom de permaculture.

La pluie, et j’écris, je lis, je lis!

J’ai fini « Un thé au Sahara », de Peter Bowles. Il y est question d’un temps où le mot « aventure » signifiait quelque chose qui pouvait avoir rapport avec le risque, l’ailleurs, l’étranger, la maladie, l’errance, la mort.

Sans filet de sécurité. Sans protection. Sans le groupe-bouclier, les campagnes de prévention. Ce monde d’avant date pourtant de moins d’un siècle. Mais depuis tout a basculé. Dans mon monde, les renversements, les émotions, les aventures sont calculées.

Je balance les escargots que je choppe dans les fraisiers, je les balance dans les bambous, je m’en voudrais de les tuer. Et je me demande si nous ne sommes pas tous devenus, par mutation d’état d’âme, des escargots. Les personnages de Bowles n’en sont pas, eux. La plupart de mes amis, de mes connaissances, et moi, je le crains, je le crois, si.