Ce monde

dans lequel je fais des semis de petits pois, lis des livres et lave des draps, ce monde fait de chairs, de senteurs, de poils de chats, ce monde d’oiseaux, de pages, de cahiers, d’encre qui coule et il faut changer la cartouche, ce monde où il faut sortir le chien et observer les lapins qui courent et l’aigrette blanche qui s’envole, ce monde où l’on se parle, où les élèves ont des yeux dans lesquels on voit s’ils ont compris, ce monde de terre, de sentiers où l’on marche et de pages que l’on tourne, ce monde de lumière, de rayons de soleil : oui.

Mais les copies en ligne, les cours en ligne, mon incapacité à lire les vidéos, les fichiers audio que j’ai demandés mais avec lesquels je galère mon Dieu je galère et pourtant j’avais téléchargé des tutos, tous ces mots, vidéos, tutos, même mon ministre s’exprime sur youtube, les élèves ont tous non pas la même écriture mais la même police, mais les viédos les fichiers audio c’est jamais les mêmes formats, j’ai le bout des doigts douloureux à force de taper sur le clavier, j’ai mal aux yeux, je chouine, ce monde qui dégouline et ces fausses lumières… Non, décidément, je ne m’y sens pas comme un poisson dans l’eau.

Poisson.

Bon.

Pas tellement le sens de l’humour non plus, en ce moment.

J’enverrai un faire-part à mes amis le jour où je deviendrai drôle.