Boussole

Hier j’ai fini la lecture de Boussole de Mathias Enard, et c’était un beau livre. Je me demande si l’auteur ressemble à son héros. J’admire et j’envie tant de savoir et de culture. J’admire l’effort poursuivi sans relâche tant par l’auteur, jusqu’au bout du livre, que par son personnage, qui ne s’éloigne jamais de lui-même et de tout ce qu’il ressent. Moi j’en suis incapable. Ou autrement. Par ailleurs, ce n’est pas tellement l’argument psychologique qui tient le livre, mais l’émotion des peuples et des cultures. La perméabilité des frontières. Les tapis volants. J’ai beaucoup aimé cette lecture, puis j’ai songé que je n’ai jamais encore vu Vienne. Il faudra remédier à cela.

Perte de repères

Dormir trop, plusieurs jours d’affilée, d’un sommeil que l’on croit sans rêves, puis soudain obtenir une sorte d’état de grâce qui permet de rêver à nouveau. Cela faisait plusieurs mois que je ne m’étais éveillée au matin, les yeux clos, dans le sommeil encore, sans savoir où j’étais, à la limite, à la frontière. Ces états où nous mènent parfois le manque de sommeil, parfois l’intensité d’une réflexion qui nous échappe tant on la tient, parfois les vertiges des émois amoureux. Et là, tout simplement, le sommeil, vecteur des rêves, facteur des montagnes, porteur des tremblements des portes qui s’ouvrent, des grottes qui s’enveniment au bas des cols, des poussières de livres qui parsèment les cimes.

Ciel! j’ai rêvé.