Ai-je un monde?

Ai-je un univers? Quelle est sa cohérence? Qu’est-ce que je pense, sinon du désordre?

EchaloteCarpeDiem

Période où je ne parviens pas à faire autre chose que patauger; c’est pourquoi je travaille Monsieur Echalote, à qui j’ai délégué mon besoin de cohérence. C’est un animal sympathique, dont les proportions dépassent l’univers, un Micromégas, et son regard surplombant et avisé me rassure.

Parfois, j’observe les fans; en ce moment, on en voit beaucoup sur les écrans et dans les rues, les fans de Boulez et ceux de Bowie, par exemple. Leur talent est de déceler deux ou trois traits, de résumer les figures et modèles, d’en tirer la quintessence. Est-ce que c’est ça, le truc en plus, ou peut-être l’errance en moins, l’arrachement aux doutes enfin supprimés à force de travail et de recherche de cohérence? Est-ce ainsi qu’on bâtit les mondes, les romans, les maisons?

Bien sûr qu’écrire c’est (re)donner une cohérence à un monde indéchiffrable et illisible. Mais il se trouve que je n’y vois pas clair, et que je n’écris que par bribes.

Il y a Monsieur Echalote. Je m’accroche à mon petit personnage. Il sait beaucoup de choses que je ne sais pas. J’ai une trentaine de dessins d’avance, réalisés tout ce mois dernier, plus ou moins fructueusement, au fil des jours. Un rythme de deux à trois par semaine me semble pertinent, car il faut que je reprenne les dessins. Ici, par exemple, le premier modèle, qui a un mois exactement. Joyeux moisiversaire, Monsieur Echalote!

De la visite

Résolutions de début d’année : présenter un vieil ami. Il se dessine de mieux en mieux, de plus en plus!

Cet après-midi, je suis allée prendre des conseils, pour travailler plus efficacement. Chose que je n’ai pas vraiment faite ces jours derniers, mais petit à petit l’énergie renaît et revient. Nous l’invitons ici demain, ce vieil ami. Nous achèterons, en suivant les conseils précieux de l’artiste, rencontré à l’atelier qui ouvrait ses portes ce samedi, de l’autre côté de ma rue, nous achèterons un vrai feutre dès mardi.

Je ne sais pas faire les choses seule, je n’ai pas un esprit assez indépendant. J’en suis désolée, je m’en sens souvent coupable, comme si je n’avais pas la qualité première de tout esprit créatif – la solitude! – mais j’ai besoin, le besoin vital de me dégager de ce mythe. Je crée bien en compagnie. J’adore les ateliers d’écriture. J’écris pour qu’on me lise. Je dessine pour qu’on voie le résultat, que cela ait son effet, déclenche la réflexion. Et j’aime les projets collectifs. Aussi, aujourd’hui, suis-je allée m’inscrire à un SEL, système d’échange local. Je tiens à refaire le monde. Je le repeins avec de jolies couleurs. J’ai de l’espoir. Et j’apprécie que des associations ouvrent leurs portes, et qu’un artiste dispense gentiment des conseils à la créatrice que je suis, pour améliorer mon personnage.

Vous le découvrirez demain. Ta-dam!

Message personnel

LeBeauJourJ’ai toujours adoré les gaufrettes à messages.

Le truc, c’est de trouver la bonne gaufrette, celle qui dirait « écrire est un exutoire », ou « la vengeance est un plat qui se mange froid ».

Celle-ci a des accents à la Sophocle, nul ne peut être dit heureux avant le jour de sa mort; à moins qu’il ne faille attendre le soir pour s’offrir des preuves d’amour, on peut aussi ouïr dans cette gaufrette un accent joyeux, plein de murmures prometteurs et amoureux.

Moi, j’en suis restée à la tragédie grecque. Bloqué là le curseur de mon évolution intérieure (je hais le so gennant développement personnel, et reste à écouter bourdonner les érinyes.). On peut le lire là, dans la Revue l’Ampoule Numéro 18, « Frères et Soeurs ». Comme ça sort aujourd’hui, je m’en vais découvrir les textes, et les images. Bonsoir.