Pays des joies

DuneDuPilatJoie d’un week-end à jouer avec les rouleaux de l’Océan, et à découvrir les pinèdes, le port un peu trop fréquenté mais offrant une jolie vue, le sable doux et l’écume sauvage. Joie aussi d’avoir vu, jeudi soir, une pièce de Pommerat, « ça ira, fin de Louis », une partie (1) dont la parenthèse suggère qu’il y aura une suite, spectacle vif et intelligent. Joie des gens, des amis, des amours, des animaux, des paysages, des enfants, des oiseaux – les beaux jours!

Les doutes

Hier, j’étais donc à Orléans. Bref pèlerinage, en retournant à la gare, à cette plaque mortuaire qui cache le coeur d’une jeune femme – son corps est resté dans les Pyrénées, là où elle est morte.

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Je lis là comme un doute. Moi-même, je suis pétrie de doutes : que faire? avec qui? Et puis j’écris.

 

 

Passer comme un fantôme

Ce matin, je suis partie très tôt – ou était-ce l’ombre de moi-même, comme en témoigne cet autoportrait voyageur :

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Et mes pas composèrent ce poème :

 

Les gens de bon matin connaissent les odeurs;

Ils savent les poubelles, l’eau de Javel, les gants bleus.

C’est l’heure des fiers bouchers aux taches comme des fleurs,

L’heure où le poisson pue – la marge des vitrines

Retrouvera bientôt un semblant de fraîcheur.

 

Les gens de bon matin connaissent les saveurs;

Ils fument au trottoir un temps de liberté.

Leur café a le goût d’une maison retrouvée.

Les gens de bon matin au pas de travailleurs

Regardent en riant passer les vieux fêteurs

Dont les mégots amers auront jonché la nuit.