Nez au vent

Nez au vent, j’accompagne mon chien qui respire les oiseaux et déclenche de grands vols prudents – faisans, hérons, canards variés s’éloignent.

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J’ai coupé mes cheveux. J’ai largué quelques amarres, mais pas jeté les cordages ni le bébé avec l’eau du bain. Navigation à vue, malgré la brume légère.

Dans ce pays qui a la jaunisse – maladie politique, je n’ai qu’un rhume corsé. Sans doute en manque de l’adrénaline procurée par mes trajets à vélo, j’ai voulu passer un petit bras boueux de la Loire qui monte en suivant une branche à fleur d’eau. De l’eau du fleuve plein les bottes.

La poésie d’un samedi dehors peut-elle colorer l’arbre gris des autres jours?

 

 

Garder trace du renouveau

Aux premiers jours qui rallongent, les oiseaux se mettent au travail, et arrachent à la guirlande de Noël de quoi construire leurs nids.

Moi aussi me mettant à tirer les fils et les nouer ensemble, j’écris :

Ami, n’oublie pas, sur la route immonde,

L’abîme. Tu cours, frère, monde contemporain,

Tu dévastes, gémis, tu cours, tu cours et geins,

Ami du rien, dévastes, et te perds dans la ronde.

Et puis je noue encore :

« Unité et diversité dans l’oeuvre d’art »

L’enfer étant pavé d’un rite universel,

L’amour est parsemé d’étincelle idéale.

Ses éclats ont semé l’étoile de cristal

Au fond d’un firmament plus sombre que nos coeurs.

Nous mourrons tous ensemble, idéalement seuls,

Réalisant l’union de la diversité.

Et, du fait du frère, entre autres, un très heureux Noël.