Lectures caniculaires

J’ai donc lu : la pièce de théâtre écrite par J. K. Rowling et qui raconte les aventures d’un des fils de notre cher Harry Potter. Assez agréable à lire par temps chaud, mais rien qui ne tienne non plus tant que ça en haleine. J’avoue qu’à tout prendre, et bien que je n’aie vu que le film « Les animaux fantastiques », sans avoir envie de me lancer dans cette lecture, j’ai préféré le divertissement qu’offrait cet univers un peu renouvelé à cette suite par trop prévisible. Mais je l’ai lu en entier, et vite!

Un vrai plaisir de lecture plus ajustée à mes goûts profonds : « Les neiges bleues », de Piotr Bednarski. On m’avait recommandé ce livre, je m’en méfiais (suite à ma déconvenue Carrère). Mais c’est un beau livre, riche, profond, étoffé historiquement, puisque cela se passe en Sibérie, mais avec surtout beaucoup de plis et de replis humains. Un beau texte, bouleversant. Heureusement, je n’ai lu la préface / note du traducteur, à l’orée du livre, qu’après ma lecture, car il y raconte la fin! Une écriture fine et sensible. J’ai presque eu froid avec l’auteur, c’est dire.

Pays des joies

DuneDuPilatJoie d’un week-end à jouer avec les rouleaux de l’Océan, et à découvrir les pinèdes, le port un peu trop fréquenté mais offrant une jolie vue, le sable doux et l’écume sauvage. Joie aussi d’avoir vu, jeudi soir, une pièce de Pommerat, « ça ira, fin de Louis », une partie (1) dont la parenthèse suggère qu’il y aura une suite, spectacle vif et intelligent. Joie des gens, des amis, des amours, des animaux, des paysages, des enfants, des oiseaux – les beaux jours!

Non, je n’y arrive pas

On a beau me dire qu’Emmanuel Carrère est un grand auteur, que c’est beau, bien, bon, grand : je n’y arrive pas.

Ce matin j’ai lu D’autres vies que la mienne, d’abord soigneusement, puis de plus en plus en diagonale, puis j’ai tourné les pages très vite. Bref : je l’ai fini.

C’est dégoulinant, c’est narcissique, c’est de la conversation pseudo-empathique et charlatanesque, cela rappelle les bavardages sur les uns et les autres où, le soir, après trois verres, on se donne l’illusion de nouer avec l’analyse des êtres, la compréhension d’autrui, l’acceptation du destin, qu’on compare les parcours, les bonnes et les mauvaises étoiles, qu’à la faveur de deux bières on aime l’humanité entière, l’esprit embrumé par le tabac blond. C’est du sensationnalisme télévisuel, du reportage caméra d’épaule pour faire pleurer dans les chaumières, c’est un style oralisé, démagogue, grossier.

Voilà : je n’aime pas ce livre. C’est dit! (Je n’aimais déjà pas tellement cet auteur auparavant, on m’a recommandé de lire celui-ci comme étant son meilleur : soit.)

En fait, il ne crée rien.

Il ne dérange rien, ne ré-arrange rien, ne compose pas.

Pour moi, ce n’est pas de l’art, voilà tout.