Sur les routes (imaginaires)

Depuis que nous vivons avec un petit chien, je sors beaucoup plus, connais les gens de mon quartier, bavarde avec mon prochain. Je connais de nouvelles routes, des chemins supplémentaires.

Bientôt je serai prête pour partir à cheval, en utilisant ce genre de logiciel qui vous projette dans un temps reculé, encore quelques années d’équitation, et ce sera bon! Et puis j’aurai un gentil chien pour m’accompagner, débusquer les lièvres avant qu’ils ne fassent sursauter mon cheval, et le garder lors des petits arrêts.

Aujourd’hui, en balade, nous avons vu passer un chevreuil, bondissant. C’était beau.

 

Ode

Tous les êtres boivent la joie

et le soleil.

Tous les êtres qui s’émerveillent

boivent la joie.

La joie s’écoule, nous nous aimons

et sommes frères,

sous le soleil il fait si bon,

le doux mystère.

Nous chanterons à l’unisson

partout sur terre.

Le soleil brille, pierre parangon,

partout j’espère.

Quand les hommes seront tous en joie,

sous le soleil,

un doux soleil, un fier émoi,

sera merveille.

Au pied du mois de septembre

Dès mercredi, il faut reprendre le chemin connu – et pourtant, j’emprunterai des chemins de traverse, je le sais, j’irai parfois à vélo, et je modifierai de petites habitudes.

Dès mercredi, la routine menace, mais, plus perfide encore, menacerait l’ennui, si je ne retournais pas affronter les murs des salles de classe, l’arène du savoir, la palpitation de la vie en marche.

Dès mercredi, l’inventivité reprend sa place, et le goût de l’effort, et la construction du sens, échafaudage incessant, fragile et incessant, souple sous les vents forts de la paresse, de la médiocrité, et l’ouragan de l’ignorance.

Dès mercredi, il ne sera plus question de bottes ou de sandales, de pêche à pied ou de baignades en mer, de routes de montagnes ou de balades à vélo sans carte ni boussole, il n’en sera plus question que dans les parenthèses qu’on arrache au matin tôt, au week-end, à la journée de vacances. Très vite, les journées vont raccourcir, le soleil se coucher plus tôt, les heures et le calendrier reprendre le pouvoir.

Au pied du mur de septembre, devenir l’architecte d’une année qui tienne debout (et bien organiser les progressions annuelles, et la vie hebdomadaire), pour l’habiter sans repenser les maçonneries à chaque coup de fatigue.