Comme un bonheur, trouver sa place

Dimanche, j’ai pu bénéficier du généreux et précis savoir-faire d’un très beau cheval, et d’un poney coquin.

Asso Quadrupède Poney assisEt la vie tourne, et il se pourrait que ce soit un très bel été, et de très beaux jours à venir, une cheminée l’hiver, des livres, de grandes balades, des soirées animées, des fleurs au printemps. Il se pourrait – restons prudents. Il se pourrait, l’harmonie. Ce n’est peut-être pas impossible. De la tuile sur le toit retenir la lumière. De l’ardoise connaître la joie du gris. Il se pourrait la terre, la vie, la joie. Parfois je songe aux jours et à la pourriture, à ce qui fait naître en soi l’odeur de moisi et la sensation d’enfermement, je ne sais pas d’où ça vient, d’épaules trop basses, d’un manque de respiration ou de pas assez d’amour, de souplesse, de générosité. Peut-être que ce qui blesse les gens, c’est la paresse, la paresse de faire, d’oser, d’aimer et d’agir. Notre ennemi c’est la fatigue et le manque de concentration, toujours.

Et la vie tourne, peut-être est-ce important d’aimer bientôt retourner travailler, et faire, mener de grands et petits projets. Le cheval sur le rond de longe est précis. Il est à l’image des horloges, pas actif. Il va. Et c’est cet allant, cette allure, ce qu’il y a de plus beau au monde. Comme l’eau du torrent, ou les vainqueurs, à la course. La force qui va.

Asso Quadrupède Longe Xylo(Photos Eva Malmasson, Association Quadrupède)

Le soir

C’est un titre sobre : le soir. J’aimerais rendre ici compte d’un moment de concentration exacerbée, une concentration de lumières et d’odeurs, dans les rues, dans ce moment étroit où la nuit se substitue au jour. Sur la pierre grise et beige, des motifs se dessinent. Certains sont dus au hasard, aux pluies qui ont tracé leurs lignes selon le sens du vent, envoyé des messages mystérieux. On trouve aussi, au dessus d’une porte, la petite sculpture protectrice d’un saint berger, son mouton à ses pieds, un bâton ou une crosse à la main, une pierre sur l’épaule, comme s’il avait présidé à la construction de la maison. Ce qui est étrange, c’est que ce sont les attributs de saint Bénézet, on le trouve très au sud, vers Avignon je crois, ou vers le pont du Gard, rien à voir avec la Touraine. Peut-être un habitant nostalgique de son sud natal, vers le 16ème, le 17ème siècle? Un peu plus loin, un visage d’ange, encadré bizarrement de deux ailes, sourit, tout joufflu, et surmonte joyeusement une porte. Un pan de mur rappelle une maison un peu écroulée, ainsi qu’un carré de digitales rose foncé qui montent à deux ou trois mètres, depuis des siècles, a-t-on l’impression.

J’aime m’enfoncer dans le soir. Au moment où le soleil se couche, les siècles s’écrasent sur l’horizon.