Potager

Il y a des haricots qui commencent à bien prendre, sous serre, et un premier concombre que j’ai mis sous abri. Les radis montent petit à petit.

J’ai commencé à planter quelques pommes de terre, des rouges. Pas tellement pour la consommation, qui risque fort d’être dérisoire, mais pour ameublir la terre et voir si ça chasse, ou au moins régule, le liseron, très envahissant cette année.

Je voyage au jardin. J’en écrirai presque des poèmes : que c’est émouvant, la pousse du pois de senteur buisson! Le basilic dont les deuxièmes feuilles sont plus claires! Les aubergines si lentes à sortir.

Assez écrit, je retourne à mes plantations. Devenue attentive aux petites choses, heureuse de ce rendez-vous avec le jardin.

Parce que c’est le week-end, et qu’il devient de plus en plus hors de question que je me laisse asservir par moi-même, le travail, tout ça, tout ça (même s’il importe évidemment de rester sérieuse et d’avoir une utilité sociale). Je pèse les équilibres, en observant la pousse de mes salades. Voilà.

Répétitions et exercices

Je n’aime pas ce qui se répète trop souvent.

Je n’aime pas les exercices. C’est pour cela que j’ai bien du mal à faire de la gym. Ou à progresser en piano. Je n’ai jamais aimé les gammes. Ni les exercices de grammaire.

Ah! s’entraîner, s’entraîner, mais quel ennui.

Il me faut des variantes, ou alors du grand air, ou alors des défis.

Il faut que quelque chose change.

Toutefois, j’ai décidé de me corriger moi-même et de reprendre temporairement ce travers. Et donc, je vais m’exercer.

Mais à écrire.

Reprendre mes textes.

Répéter et progresser.

Ré-écrire.

Tout ce qui va avec ce ré- que j’exècre.

Il y a un peu d’amertume dans les breuvages les meilleurs.

Apprendre à finir

Quand on a tout son temps, il n’est pas aisé de finir ce qu’on a commencé. Tout peut traîner en longueur.

Il y a même un quasi confort moral à faire durer un projet des heures. Par exemple, mon premier masque, je l’ai cousu en trois bonnes heures, le temps de me documenter, tout ça…

L’époque est à la confection. Cuisine, potager, écriture.

L’artisanat a quelque chose de grave, de sérieux, même pour les petites choses. L’humain y déploie sa spécificité d’espèce avec une forme de solennité.

Il va tout de même falloir ritualiser le temps, le borner, l’apprivoiser, comme on coud. Coudre le temps qui court. L’amender en compost pour qu’il produise mieux.

Bref, apprendre à finir.