Du vent, du sable et de la colle

L’humeur est à la tourmente.

J’aimerais courir et sautiller mais tout me contraint.

Le temps est sable et colle. Fluide et poison.

S’enroule autour de moi le long boa des heures. Gris. Vermeil. Couleur d’écaille.

J’aimerais être tronc, racine, mousse, et résister au vent.

L’érotisme profond des racines en herbe.

Mais le vent a rasé les pousses du printemps. Il reste colle, et sable. En mourir, bouche pleine.

Histoires de mon corps : le rire impossible

M’étant blessée, je ne peux plus rire. Depuis trois semaines. C’est long.

Je ne m’étais jamais aperçue que je ris bien vingt ou trente fois par jour, en temps normal. Je glousse, je ris quand une cuillère tombe par terre, je fais de l’humour noir quand je regarde les infos, je ris avec le chien, avec l’homme, avec l’enfant, avec l’ami, je ris, je ris! Là, je ne me vois pas très belle en ce miroir. J’espère que cela reviendra. Rire, c’est tout de même une fonction d’usage fréquent, tout autant voire davantage que manger et boire – et cela, je ne le savais pas.

Histoires de mon corps, et de mes insomnies

Je devrais dormir, mais ce n’est pas facile en ce moment. Les grèves m’inquiètent, me placent dans un état de délabrement intérieur très profond, je perds le contrôle et ce lien, ce cordon avec mes enfants qui sont un peu loin géographiquement, il y a en mes profondeurs une panique sourde qui se déclenche et comme c’est ridicule, je ne peux pas en parler. Voilà.