Aphorismes

Comme un coeur qui s’assèche, un ruisseau se tarit, le temps fugue.

A trop regarder les étoiles.

Du lointain vint la paume tremblante des heures.

A trop regarder monter et descendre les fleuves, les herbes sont montées, mauvaises. Cachent la rive.

Du lointain vint le sable des heures.

Comme un coeur qui s’assèche, de la fleur morte tombe les graines.

A trop écouter le vent semer l’automne.

Comme un coeur, comme un fleuve.

Du lointain vint l’eau des larmes et des heures.

Et mon coeur épanchait ses graines sèches, au bord de l’eau.

 

Lenteur et détermination

L’oiseau s’échappe des rets verts

et sombre dans la nuit d’automne;

les saisons lentes,

ceux qui s’enfuient vers le sud et les lacs d’argent de l’Afrique sous le soleil,

les saisons, une feuille après l’autre,

un oiseau, le suivant, le V du vol qui dépasse la nuit,

ils sont déterminés, tous,

à nous montrer

que la mort et la vie

sont une seule et même chose,

merveilleusement lente et circulaire.